Série d’entretiens de l’ISE : Aplanir la courbe de la crise environnementale

Le contexte de crise socio-sanitaire lié à l’apparition de la Covid-19 dure depuis plus d’un an déjà. Au cours des derniers mois, nos décideurs politiques ont fait face à plus d’une situation inédite et ont été placés devant des choix difficiles, voire déchirants. Afin d’éclairer la prise de décision et d’informer le public, les scientifiques de la santé ont été mis à l’avant-plan de la stratégie de lutte contre la Covid-19, occupant dès lors une très grande place dans l’espace public et médiatique et bénéficiant d’une oreille plus qu’attentive des décideurs cherchant à motiver et justifier leurs actions par des données issues de la science.

Et si d’autres domaines de recherche disposaient d’une telle tribune? De la capacité de voir leur science se traduire en changements de comportements collectifs profonds et en politiques publiques efficaces en vue d’atteintes d’objectifs environnementaux?

Dans une série d’entretiens menés par l’animatrice Catherine Perrin, des membres de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM prennent parole sur les enjeux de recherche qui les préoccupent et qui s’attaquent aux défis socio-écologiques de l’heure. La question qui leur est posée : « Si on agissait sur la crise environnementale comme on agit sur la pandémie, quelles seraient les mesures à adopter? »


Penser «bassin versant»
Il n’y a pas de crise de l’eau au Québec, mais les pressions – climatiques et anthropiques – sur la ressource n’en sont pas moins bien réelles. Pour répondre de façon efficace à ces pressions, il est essentiel de rallier les divers acteurs impliqués et de connecter les différents usages de l’eau pour mieux comprendre leurs effets cumulatifs et agir adéquatement sur le territoire. «Il faut remettre le bassin versant au coeur de nos actions, et une réelle gestion intégrée de l’eau est absolument nécessaire», estime Marie Larocque, hydrogéologue et professeure au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère. «Tout le monde devrait se sentir visé par ces questions-là». Alors vous, pensez-vous «bassin versant»?
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Informer la consommation responsable
Disposerons-nous un jour d’une application mobile qui nous permettra d’obtenir l’information sur l’empreinte environnementale d’un produit avant de se le procurer ? C’est un souhait que porte Cécile Bulle, professeure au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale et spécialiste en analyse du cycle de vie. Ses recherches visent à évaluer la globalité des impacts de la chaîne d’approvisionnement des produits, de l’extraction des matières premières à la mise au rebut, pour mieux orienter les consommateurs vers des choix plus écologiques. D’ores et déjà, la chercheuse propose deux secteurs prioritaires pour agir sur la réduction de notre empreinte personnelle : les déplacements en voiture et le gaspillage alimentaire.
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Accompagner la transition sociale et écologique
Une transition écologique qui s’opère, dans un monde nécessairement de plus en plus contraint, n’est pas un processus s’articulant en périphérie de nos structures et organisations sociales. Pour René Audet, sociologue de l’environnement et professeur au département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, une véritable transformation sociale et écologique prend racine dans l’appropriation citoyenne et collective, à l’échelle locale, de solutions et de visions alternatives du futur. Autosuffisance alimentaire, autogestion de ressources partagées, organisation de milieux de vie à échelle humaine : autant de façons de cheminer vers un nouveau contrat social en phase avec les limites de la planète!
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Exposer les inégalités sociales de santé
Augmenter le couvert végétal tout en réduisant les sources de pollution lumineuse en milieu urbain : de bonnes solutions pour améliorer la qualité de vie des citadines et citadins? Seulement si ces nouveaux aménagements ne nuisent pas à la sécurité des femmes qui circulent la nuit! Qu’il s’agisse de mesures de confinement ou d’infrastructures urbaines vertes, toute nouvelle pratique ou politique a le potentiel d’affecter divers groupes sociaux différemment. Pour Johanne Saint-Charles, professeure au département de communication sociale et publique, la réduction des inégalités sociales est la clé d’actions efficaces pour contrer toute crise, sanitaire ou climatique!
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Contrer les risques climatiques
Pluies diluviennes en plein hiver, inondations persistantes, explosion des coûts de rétablissement : les événements hydrométéorologiques extrêmes aux conséquences désastreuses se multiplient tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Pour agir sur ces phénomènes d’une ampleur inédite, le professeur au département de géographie et hydroclimatologue Philippe Gachon croit que la gestion de crise doit céder place à la gestion de risque. Comment? En misant sur la prévention, en améliorant l’accessibilité des données disponibles et en apprenant des expériences vécues. En termes de risques climatiques, le passé n’est plus garant de l’avenir : saurons-nous adapter nos pratiques à cette réalité en constante évolution?
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