Série de midis-conférences de l’ISE en vue de la COP15

La tenue de la 15e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique des Nations unies (COP15) à Montréal du 7 au 19 décembre prochains doit marquer le coup d’envoi d’un nouveau Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020. Cet événement d’envergure abordera des enjeux cruciaux pour l’avenir de plusieurs espèces vivantes – dont l’humain! – et représente une énième, pour ne pas dire ultime, occasion d’engagement concret et fort pour la protection du vivant de la part de la communauté internationale. En raison de la symbolique et des attentes qu’elle suscite, plusieurs comparent la COP15 sur la biodiversité à la COP21 sur le climat, qui a débouché sur le célèbre Accord de Paris. Toutefois, un défi colossal se dresse devant les parties, compte tenu de l’état des lieux. Le retard en matière de conservation de la biodiversité à l’échelle planétaire est immense : aucun des 20 précédents objectifs (objectifs d’Aichi) adoptés lors de la Conférence de Nagoya (2010) n’a été pleinement atteint au plan mondial. Pourtant, le temps presse. Selon un rapport de 2019 de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), pas moins d’un million d’espèces animales et végétales, sur les quelque huit millions estimées sur Terre, sont menacées d’extinction. Cette situation menace les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de milliards de personnes, notre santé et notre qualité de vie. Avec ses vastes objectifs, le nouveau Cadre mondial de la biodiversité impliquera alors une remise en question de nos modes de production et de la pression qu’ils exercent sur les espèces et leurs habitats. Concrètement, les États peuvent déjà freiner le déclin de la biodiversité à court terme en protégeant davantage leur territoire. La conservation de la biodiversité dans le Québec méridional est un exemple d’enjeu où le Québec pourrait d’ailleurs faire mieux. En tant qu’hôtes de la COP15 sur la biodiversité, le Québec et le Canada auront la responsabilité de se positionner en leaders en annonçant des avancées dans de nombreux dossiers concernant la protection de la nature et en facilitant les négociations entre les parties en vue de l’adoption d’un accord mondial ambitieux pour freiner et inverser le déclin de la biodiversité. Avec cette série de trois midis-conférences, l’ISE propose d’examiner les enjeux posés par la conservation de la nature à travers le regard de spécialistes sur ces questions.

Programmation

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Les causes sous-jacentes

Mercredi 9 novembre, 12h30-14 h

Inscription obligatoire pour obtenir le lien Zoom

Le succès du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 dépendra de notre capacité à opérer des changements transformateurs au niveau social, économique, culturel, technologique et institutionnel. La protection de la nature doit être intégrée comme une valeur fondamentale de ce changement systémique touchant toutes les sphères de nos sociétés. Jusqu’ici, la communauté internationale a surtout cherché à réparer les impacts visibles de la perte de biodiversité. Pour aller plus loin, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les systèmes écosytémiques (IPBES) et la Convention sur la diversité biologique (CDB) nous enjoignent désormais à agir aussi sur les pratiques et institutions économiques et sociales, qui poussent nos sociétés à surexploiter la nature. Seront examinées lors de cette conférence les causes sous-jacentes au déclin de la nature, dont l’extraction et la transformation des ressources, nos modes de production, l’augmentation de la consommation, l’innovation technologique, et les enjeux de gouvernance.

Avec
Éric Pineault, professeur, département de sociologie, UQAM
Pierre Drapeau, professeur, département des sciences biologiques, UQAM
Alain Branchaud, directeur général, SNAP Québec

Animé par
Élisabeth Abergel, professeure, département de sociologie, UQAM


L’urgence d’agir

Mercredi 23 novembre, 12h30-14 h

Inscription obligatoire pour obtenir le lien Zoom

Selon l’IPBES, jusqu’à 1 million d’espèces sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies. Cette extinction de masse annoncée met aujourd’hui le fonctionnement des écosystèmes, et des sociétés qui en dépendent, en péril. Par ailleurs, la protection des espèces et des écosystèmes permet non seulement de préserver la biodiversité, mais participe également à la lutte aux changements climatiques en captant le carbone et en servant de rempart aux phénomènes violents comme les inondations, les feux de forêts et les vagues de chaleur. Ainsi, la grande majorité des actions pour la biodiversité sont cobénéfiques pour le climat. Elles demandent toutefois qu’on agisse maintenant pour intégrer la biodiversité à l’ensemble de nos décisions politiques, de l’échelle locale à l’échelle internationale. Cette conférence portera sur les constats qui justifient l’urgence d’agir et présentera des solutions concrètes à mettre en place, notamment dans les milieux urbains et/ou fortement perturbés.

Avec
Tanya Handa, professeure, département des sciences biologiques, UQAM
Michelle Garneau, professeure, département de géographie, UQAM
Johanne McDonald, administratice, Fondation du Mont-Saint-Bruno

Animé par
Claude Codjia, directeur de l’ISE


COP15 101 – Ce que vous devez savoir sur les enjeux juridiques de la COP

Mercredi 30 novembre, 12h30-14 h

Inscription obligatoire pour obtenir le lien Zoom

Les Conférences des parties des Nations unies (CdP ou COP en anglais) font partie des mécanismes à la disposition des États du monde pour coordonner des questions d’ordre international. Ces grandes rencontres annuelles servent notamment à fixer des objectifs mondiaux pour répondre aux enjeux nécessitant une concertation planétaire – réchauffement climatique, conservation de la diversité biologique, désertification, etc. Les retombées de ces réunions, issues de consensus, sont toutefois fréquemment remises en cause au vu de l’incapacité observée des pays à rencontrer les objectifs – rarement contraignants – vis-à-vis desquels ils se sont engagés.
Il n’en reste pas moins que la 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15), une conférence chinoise accueillie en territoire canadien, présente une occasion renouvelée pour les États de se saisir de plusieurs enjeux cruciaux de protection de la nature et de prendre des engagements fermes dans un cadre mondial pour la biodiversité post-2020.
Quels sont donc les réels pouvoir d’une COP? Quel est le fonctionnement d’une telle conférence d’un point de vue juridique et politique? Quels seront les enjeux spécifiques qui seront discutés à Montréal? À quelques jours de l’ouverture de la COP15, cette conférence se propose d’aborder ces questions – et bien d’autres ! – liées aux mécanismes et aux outils juridiques qui soutiendront les prochaines négociations internationales sur la biodiversité.

Avec
Thomas Burelli, professeur agrégé, Faculté de droit, Université d’Ottawa
Alexandre Lillo, professeur, département des sciences juridiques, UQAM
Valériane Thool, doctorante en droit, UQAM

Animé par
Éric Pineault, président du comité scientifique de l’ISE

La conférence COP15 101 – Ce que vous devez savoir sur les enjeux juridiques de la COP est présentée en collaboration avec le Centre du droit de l’environnement et de la durabilité mondiale de l’université d’Ottawa.

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